À vivre
De Louis de Funès à James Bond : la 2CV de nos vacances fait son grand retour !

Elle a transporté des familles vers les plages, accompagné les virées mouvementées de Louis de Funès dans Le Gendarme de Saint-Tropez et aidé James Bond à échapper à ses poursuivants dans Rien que pour vos yeux. La 2CV appartient autant à l’histoire automobile qu’à nos souvenirs de vacances. Avec la 2 CV Concept dévoilée au Mondial de l’Auto 2026, Citroën lui imagine un avenir électrique. La Dodoche n’a peut-être pas fini de nous emmener ailleurs.


Les valises sont calées tant bien que mal. Le pique-nique est prêt. On vérifie une dernière fois la carte routière avant de fermer la porte. Devant, quelques heures de trajet, des traversées de villages et cette impatience qui grandit à mesure que la mer approche.
Pour beaucoup, la 2CV évoque cette façon de partir : modestement, parfois bruyamment, mais avec le sentiment que les vacances commencent dès les premiers kilomètres. Une voiture qui penche dans les virages, un toit en toile qui laisse entrer l’été, un moteur dont on reconnaît immédiatement la voix.
Tout n’était évidemment pas rose. Il fallait composer avec les bagages, les performances limitées et les longues montées. Mais les souvenirs ont cette délicatesse : ils conservent plus volontiers les rires que les kilomètres interminables.
Une petite voiture pour une grande envie de liberté
Présentée au Salon de Paris en 1948, la 2CV répondait à une ambition concrète : rendre l’automobile accessible avec un véhicule économique, pratique et polyvalent. Agriculteurs, artisans, familles… sa vocation populaire précédait largement son statut d’icône. Citroën rappelle cette ambition dans son histoire du modèle.
Elle n’avait pas besoin d’impressionner. Elle devait rendre service. Et c’est peut-être ce qui explique l’attachement qu’elle suscite encore : derrière sa silhouette, chacun peut retrouver une personne, une maison de vacances, un premier départ entre amis.
Sa carrière s’achève en 1990, après plus de cinq millions d’exemplaires produits, fourgonnettes comprises. Entre-temps, la petite Citroën aura aussi gagné une place dans un autre album de famille : celui du cinéma. Source : Citroën, 75 ans de la 2CV.
À Saint-Tropez, une religieuse fait trembler Cruchot
Dans Le Gendarme de Saint-Tropez, sorti en 1964, le soleil et les aventures de Cruchot installent un décor devenu inséparable de l’imaginaire des vacances sur la Côte d’Azur.
Et puis il y a sœur Clotilde, interprétée par France Rumilly, et sa 2CV. Au volant, la religieuse possède une assurance qui contraste délicieusement avec l’affolement de Louis de Funès. La voiture populaire devient un formidable ressort comique : à bord, l’autorité change brusquement de camp.
Cette rencontre entre une conductrice imperturbable, un gendarme débordé et une voiture que l’on imagine paisible participe au charme de la saga. La Dodoche n’est pas un simple accessoire : elle joue presque son propre personnage. La Cinémathèque française revient sur le film ; La 2CV de nos grands-pères rassemble ses apparitions au cinéma.
Avec Bourvil, les vacances commencent en morceaux
Un an plus tard, dans Le Corniaud, Gérard Oury réserve un départ autrement mouvementé à Antoine Maréchal, incarné par Bourvil.
Le personnage s’apprête à prendre la route des vacances lorsque sa 2CV est pulvérisée dans une collision avec la luxueuse voiture de Léopold Saroyan, joué par Louis de Funès. Le contraste entre les deux automobiles raconte déjà celui des deux hommes : d’un côté, le vacancier modeste ; de l’autre, l’homme d’affaires qui semble pouvoir tout arranger.
La carrosserie se disloque, Bourvil reste au milieu des débris et lâche sa célèbre réplique : « Elle va marcher beaucoup moins bien, forcément ! »
La catastrophe mécanique devient un souvenir heureux pour des générations de spectateurs. Pour Maréchal, en revanche, le voyage ne fait que commencer. Synopsis et bande-annonce : Gironde Tournages. Les coulisses de l’accident : AlloCiné.

James Bond en 2CV : permis de surprendre
En 1981, la Dodoche s’offre un partenaire inattendu : James Bond. Dans Rien que pour vos yeux, oubliez les bolides de luxe : après la destruction de sa Lotus Esprit, l’agent 007, incarné par Roger Moore, poursuit l’aventure dans une 2CV jaune, aux côtés de Melina Havelock, interprétée par Carole Bouquet. Une petite voiture populaire lancée dans une poursuite spectaculaire : le décalage est savoureux.
Face aux voitures de ses adversaires, Bond doit compter sur son adresse et son imagination. Le site officiel de la franchise explique que le choix de la 2CV permettait précisément de rompre avec les gadgets sophistiqués de l’épisode précédent.

À revoir : la poursuite en 2CV dans Rien que pour vos yeux, sur le site officiel James Bond 007.
Autre clin d’œil aux voyageurs : si l’action de cette séquence est située en Espagne, les prises de vues ont été réalisées à Corfou, en Grèce. Les cascades furent confiées à Rémy Julienne et les voitures spécialement préparées pour le tournage. La petite jaune du film avait donc davantage de ressources qu’une Dodoche ordinaire. Source : The Ian Fleming Foundation.
De Saint-Tropez aux oliveraies de Corfou, la 2CV aura ainsi promené bien plus que des bagages.
Au Mondial 2026, la Dodoche change d’époque

Retour à Paris. Sur les photographies de Dominique F, la 2 CV Concept attire le regard avec sa carrosserie rouge aux reflets orangés, ses ailes arrondies et sa silhouette familière. À l’arrière-plan, les paysages de lavande du stand prolongent l’invitation au voyage.
À bord, les carreaux jaunes de la banquette, le volant clair et les rangements façon panier composent une ambiance joyeuse. Un écran apporte la touche contemporaine, sans effacer ce décor qui évoque déjà la pause au soleil.


Électrique et longue de 3,76 mètres, cette réinterprétation annonce un futur modèle que Citroën situe à l’horizon 2028, avec une fabrication européenne et un prix de départ visé autour de 15 000 euros. Il faut toutefois garder la distinction : le véhicule photographié est un concept, et ce prix demeure un objectif annoncé. Source : communiqué officiel Citroën du 11 octobre 2026.

Retrouver le plaisir des petites routes
Le défi sera de prolonger l’esprit populaire de la 2CV au-delà de sa silhouette. Une voiture attachante doit aussi rester accessible, pratique et agréable à vivre. Pour les futurs vacanciers, le budget, la place des bagages et la facilité des recharges compteront autant que les souvenirs.
Mais l’émotion, elle, est déjà là. Ces photos donnent envie de regarder la voiture, puis de regarder dehors. D’imaginer une route secondaire, une halte dans un village, une journée dont on n’a pas programmé chaque minute.
La première 2CV nous a laissé des scènes de cinéma et des histoires de famille. Sa descendante électrique devra écrire les siennes.
Et vous, quel souvenir de vacances vous revient en voyant une Dodoche ?
Photos du Mondial de l’Auto : Dominique F. Photo de la 2CV jaune au musée : Klaus Nahr, Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0.